
Au balado de la CADA, on parle de tarifs, de commerce et de stratégie automobile
Le 6 avril 2026
Alors que le secteur de l’automobile canadien est soumis à des tensions commerciales et à une incertitude grandissantes, la stratégie automobile annoncée récemment par son parti vise à redonner au Canada sa compétitivité et à accroître sa production, selon le député conservateur Harb Gill.
M. Gill, député de Windsor West et membre du caucus automobile conservateur, s’est joint à Huw Williams, des affaires publiques de la CADA, lors du tout dernier épisode du balado Driving the Hill de la CADA. Après un bref état des années de service public du député, la discussion s’est tournée vers le plan automobile que le chef conservateur Pierre Poilievre a annoncé récemment et vers les défis que l’industrie doit relever.
Dévoilé en mars, ce plan vise à hausser la production de véhicules au Canada à deux millions d’unités annuellement et à obtenir un accès libre de tarifs douaniers au marché américain, afin de réduire les coûts pour les consommateurs et de consolider la position du Canada au sein de la chaîne d’approvisionnement nord-américaine.
Au cœur de cette approche : la nécessité d’éliminer les tarifs dans l’ensemble du secteur automobile, a insisté M. Gill.
«D’abord et avant tout, ces échanges devraient être exempts de droits de douane — complètement», a dit M. Gill. Il soutient que l’élimination des tarifs sur les véhicules, l’acier et l’aluminium favoriserait la production canadienne et la production américaine.
Selon lui, cette stratégie a pour but de rappeler la nature profondément intégrée de l’industrie automobile nord-américaine, en particulier dans des régions comme Windsor-Detroit, où les pièces et les composants traversent la frontière à plusieurs reprises avant l’assemblage final.
Représentant d’une des régions du Canada les plus tributaires de l’industrie automobile, M. Gill a dit que l’incertitude entourant les tarifs et les négociations commerciales nuit déjà à l’investissement et aux décisions relatives à la production. «Les gens sont nerveux pour la suite», a-t-il dit. Il a mentionné une baisse des commandes chez les fournisseurs et de l’hésitation quant à la conclusion de nouveaux contrats.
M. Gill a en outre souligné l’importance de conserver l’assise manufacturière et la main-d’œuvre canadiennes. Rebâtir cette capacité une fois qu’on l’a perdue n’est pas une mince affaire, a-t-il mis en garde. «C’est difficile. C’est un grand défi», a-t-il dit, ajoutant que les usines et les talents qui quittent le Canada «ne reviendront pas».
Le plan des conservateurs inclut également des mesures visant à améliorer l’abordabilité, comme exonérer de la TPS les véhicules construits au Canada et éliminer les incitatifs du fédéral pour l’achat de véhicules électriques. M. Gill a cadré ces politiques dans le but plus général de réduire les coûts et d’éviter de causer des distorsions sur le marché.
«Ce n’est pas à eux de choisir les gagnants et les perdants», a-t-il dit en référence à l’intervention du gouvernement sur le marché.
Il a aussi été question d’abordabilité dans la discussion sur la taxe de luxe fédérale, que M. Gill a critiquée pour son application aux camionnettes et autres véhicules de travail dont les ouvriers et les petites entreprises ont besoin.
La conversation a également porté brièvement sur le vol de véhicules, les problèmes du système judiciaire et les prix généralement de plus en plus élevés que doivent assumer les Canadiens.
CADA Driving the Hill est disponible sur Spotify et Apple Podcasts.